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Venir sur son tapis de Yoga n’est pas toujours facile. Nos vies sont remplies de milliers de distractions et de responsabilités. Et comme si cela ne suffisait pas, notre esprit a cette incroyable capacité de créer encore plus de distractions ridicules au dessus de tous les tracas du quotidien. 

Sachant cela, l’idée de “calmer l’esprit” peut parfois paraître impossible. Malgré toutes les distractions qui se manifestent dans notre vie, la méthode de l’Ashtanga Yoga nous donne l’opportunité de pratiquer l’abstraction de ces distractions et de concentrer notre esprit sur un seul point. Nous permettant ainsi d’ouvrir le chemin de la découverte intérieure. 

La pratique de l’Ashtanga Yoga combine 3 éléments : 3 points de concentration appelés ensemble Tristhana. Cette méthode en 3 axes permet à l’esprit de rester concentré dans le moment présent et créer l’espace intérieur pour rester ancré dans son corps. Ainsi la respiration, le regard et la posture sont intrinsèquement liés ensemble pendant toute la pratique. 

La respiration Ujjayi, les Asanas (postures) pratiqués avec les Bandhas et le Drishti, dirigent activement les senses vers l’intérieur permettant au Yogi d’effectuer les séries d’Ashtanga Vinyasa Yoga avec une conscience et une présence complètes, transformant ainsi la pratique physique en une véritable méditation en mouvement.

ujjayi yoga

Ujjayi c’est la respiration yogique. « Ujjayi » signifie « victorieux » en sanskrit (la langue ancienne de l’Inde).

Au cours de la pratique vinyasa ou ashtanga, se concentrer sur le son respiratoire et l’air permet de calmer profondément le corps et l’esprit. On dit donc que c’est une victoire sur les fluctuations du mental !

A savoir que l’Ujjayi ne se réalise pas seul. Dans une pratique, on associe mouvements du corps – respiration ujjayi – visualisation du drishti (point de concentration) et les bandhas (verrous énergétiques).

La pratique régulière du pranayama Ujjayi procure une augmentation de la capacité respiratoire et diminue la quantité de respiration au repos. 

Comment se réalise cette technique respiratoire ?

  • On inspire et on expire uniquement par le nez, la bouche reste donc fermée.
  • On crée une légère constriction de la gorge par fermeture partielle de l’épiglotte.

Ainsi, on régularise le débit d’air ce qui allonge le souffle et on émet un léger son sifflant (cela produit un son assez rauque, que certains comparent à Dark Vador et d’autres au bruit apaisant des vagues de l’océan). C’est une respiration bruyante mais qui doit être audible uniquement pour soi et pas pour nos voisins de tapis. Ujjayi ne doit être ni forcé, ni difficile, ni court, ni agressif, ni superficiel, ni rapide mais fluide, prolongé et agréable.

Il est possible que lors d’un cours de Yoga tu ai entendu le professeur parler des bandhas et demander de les “activer”. Mais que sont les bandhas ? 

Il y a six sphincters dans notre système digestif. Un sphincter est un anneau musculaire entourant et servant à protéger ou à fermer une ouverture. Trois de ces six sphincters peuvent être contractés afin de créer les bandhas ou les écluses

  • Sphincter anal pour créer Mula Bandha
  • Sphincter d’Oddi pour créer Uddiyana Bandha
  • Sphincter œsophagien supérieur pour créer Jalandhara Bandha

Lorsque les trois sphincters sont fermés, nous créons Maha bandha

La fermeture de ces sphincters crée des verrous physiques et énergétiques dans le corps. Ces gestes de fermeture bloquent les énergies vitales (pranas) dans une région spécifique du corps. Ces verrous sont des composants essentiels dans la pratique du pranayama. La respiration est la fonction la plus importante du prana, donnant ainsi de l’énergie à toute activité physique et mentale. La seule façon correcte de manipuler le prana est la respiration. 

Précautions ! Même s’ils sont très bénéfiques, dans certains cas, tu ne dois pas tenter d’appliquer les bandhas si l’une des conditions suivantes s’applique :

  • Tu es enceinte
  • Tu souffre de troubles de la pression artérielle
  • Tu as une une maladie ou une condition de l’abdomen
  • Tu as des troubles intestinaux ou une hernie
  • Tu souffre d’une maladie cardiaque
bandhas yoga

Les bandhas stimulent également les chakras en bloquant l’énergie autour d’eux. Comme le prana se déplace toujours, le bandha augmente ce flux autour des chakras. Lorsque les chakras sont stimulés, ils répartissent les pranas plus efficacement dans tout le corps. Il en résulte un bien-être physique et mental.

Il n’est pas possible d’appliquer le bandha pendant un asana à moins que tu ne retienne également ton souffle. Ce que la plupart des enseignants veulent dire, c’est d’activer tes muscles, ne te relâche pas pendant que tu fais l’asana. L’activation des muscles pendant les asanas donne un meilleur contrôle et une meilleure stabilité. Mais ce n’est que l’activation du muscle et non l’application de bandhas.

drishti yoga

«Drishti » en Sanskrit signifie «la Vue, le Regard».

En Yoga et en méditation, le Drishti est un point focal sur lequel on concentre son regard, et toute son attention. Tu es en pleine pratique de Yoga, et voilà que ton regard papillonne. Il se pose d’abord sur ce bout d’ongle qui va falloir limer, puis sur le motif du tapis de ta voisine. Puis sur le cheveu sur le tien, et puis à nouveau sur ce fameux ongle qui a vraiment besoin d’une pédicure ! Et c’est normal ! Nous percevons le monde principalement à travers notre vue et nos yeux sont toujours prêts à glaner de l’information. Alors pour se concentrer, que faire ? Deux indications suffisent pour faire le Drishti !

  1. Choisir un point à fixer
  2. Et le fixer, avec un regard tranquille et doux, le temps de la posture de yoga ou de la méditation. On relaxe les yeux au maximum, comme si on regardait la mer au loin, sans chercher à voir de détails.

Le Drishti aide à se concentrer, car avec lui, on pose notre regard sur un point précis, et UN SEUL. On focalise le regard et ainsi on diminue les autres sources de stimulation visuelle. Le regard cesse de papillonner, et, magie du Drishti, le mental se calme aussi !

Le Drishti fait vivre l’instant présent. Voilà le mental calmé, et les pensées, qui virevoltaient il y a un instant, fondent. On ne pense plus à ce qu’on faisait avant d’être là, et on ne pense pas à ce qui vient (non, on ne se dit même plus qu’il va falloir chercher une lime à ongle pour s’occuper de cet orteil !). Nous voilà à 100% dans l’instant présent.

Avec un mental plus calme, on dirige son attention vers l’intérieur. Au lieu de faire une posture mécaniquement, on vit la posture ! On sent les muscles qui travaillent, qui s’étirent, on sent l’amplitude de notre respiration, et de notre être tout entier. 

Le Drishti canalise le mental, et diminue les stimulations extérieures. Avec le Drishti, on pratique ainsi le Pratyahara, le Retrait des Sens. Le Pratyahara est une des étapes qui mènent à Dharana, la Concentration Profonde, et puis à Dyana, la Méditation. Pratyahara, Dharana et Dyana sont 3 des 8 branches du Yoga.

La prochaine fois que tu déroulera ton tapis, laisse aller toutes tes attentes et tes jugements envers toi-même. Laisse-toi porter par Tristhana en prenant garde de porter continuellement ton attention sur ta respiration, ton regard et tes alignements. Ramenant ainsi toujours l’esprit dans le moment présent. 


Avec tout mon amour, 
Namasté, 
Louise